Allemagne en quelques mots

Allemagne

Parmi les grands pays européens, l’Allemagne a connu une unité des plus tardives. Elle est longtemps restée morcelée au sein su Saint Empire Romain Germanique. A partir de l’ère de Bismarck, et autour d’une Prusse au leadership appuyé, elle devient rapidement une nation forte et puissante, malgré deux conflits mondiaux  qui l’ont mise à terre. Les structures sociales développées et le mode d’organisation sociétal ne sont pas sans rappeler les valeurs germaniques ancestrales.

 

Les exemples ci-dessous illustrent les éléments que Valeur Europe peut vous fournir. 




10 Points de repères Allemagne France
Régime République fédérale République
Population 82,4 millions 60,2 millions
Langue allemand (germanique) français (romane)
Unité monétaire Euro Euro
Religion dominante Protestante et catholique Catholique
PIB par habitant 116 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 104 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 8,4% 9,4%
Taux de croissance 1,8% 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 71,5% 82,6%



Valeurs clés

Structures familiales historiques dominantes

 

Allemagne : la structure historiquement la plus implantée est de type souche, à savoir une inégalité entres frères lors d’héritage, et une influence patriarcale sur les fils même après mariage. Ces structures familiales  sont fréquentes dans les peuples germaniques. L’évolution vers la famille nucléaire est cependant très nette.

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Déchristianisation

 

Allemagne : la déchristianisation en Allemagne s’est opérée sur un mode biphasique : la première vague au tournant  des années 1900, donc plus tardivement qu’en France, affecte les zones protestantes. Les régions catholiques ne seront concernées que beaucoup plus tard à partir de 1965. L’Allemagne se situe dans la moyenne inférieure en Europe en termes de croyances et de pratiques religieuses.

France : la « fille ainée de l’Eglise » n’est plus ce qu’elle était. La France, à commencer par le bassin parisien, est très précocement déchristianisé. Croyance en Dieu et pratique religieuse sont parmi les plus faibles en Europe. 

 

Autorité et hiérarchie

 

Allemagne : une décision est une décision.  Mais auparavant chacun aura eu l’occasion de s’exprimer et donner son avis, quelque soit sa place dans une hiérarchie avec un objectif clairement défini. Le chef doit manifester sa compétence, y compris et surtout technique, et chacun a une place précise dans un organigramme  départementalisé. Pas de mélange des genres, même si l’avis éclairé de chacun est pris en compte.

France : le statut et le pouvoir sont bien inscrits dans les relations humaines. Au delà de l’aspect purement hiérarchique, force est donnée au respect et à l’honneur de chacun dans son métier, dans sa corporation (corps de métier, Grandes Ecoles). Le français attache plus d’importance à l’égalité avec ses pairs qu’avec ses chefs et ses subordonnés. 




Faits et personnage historiques

Conrad et Otton :

A la disparition de l’empire de Karl der Grosse (Charlemagne), la partie est (Francia orientalis) couvrant l’Allemagne actuelle reste dans la famille. Mais à l’extinction de la lignée, les princes germains élisent roi l’un d’entre eux en 911 : Conrad de Franconie. Le  mode électif restera longtemps de mise pour les peuples germaniques. Conrad passe le relai aux Saxons. Otton 1er, élu en 936 restaure le pouvoir impérial.

 

 

L’Ordre Teutonique :

Fondé en Terre Sainte en 1128, cette communauté charitable s’implante surtout en Europe centrale et orientale. Elle est chargée du prosélytisme chrétien en région balte. Ecrasée par la coalition polono-lituanienne en 1410 lors de la bataille de Grunwald, elle se replie en Prusse orientale. Cette zone deviendra le berceau du royaume de Prusse et le territoire sera sécularisé en 1525.

 

La Hanse :

Au XIVème siècle, l’essor des activités marchandes se concrétise par la création d’une ligue de villes allemandes, dirigée depuis Lübeck. Les comptoirs sont installés le long des mers du Nord et Baltique, jusqu’à Novgorod, Bergen, Londres. Peu à peu la Hanse perd de son importance au profit des villes flamandes mais aussi des axes Nord-Sud. C’est une des facettes de l’essor des villes en Allemagne.

 

Luther :

Né en 1483, Luther élabore la doctrine de la justification par la foi et s’oppose au pouvoir de Rome sur la question des indulgences. Il est protégé par les Saxons et rallie entre autres l’Ordre Teutonique. Après une accalmie religieuse, l’archiduc Ferdinand de Habsbourg en 1526 tente de limiter l’expansion de la Réforme. Le tenants de cette dernière protestent, d’où leur nom de « protestants ».

 

La paix d’Augsbourg :

Un compromis est trouvé en 1555 entre l’Eglise catholique et les Eglises luthériennes. Formulé par « cujus regio, ejus religio » : la paix d’Augsbourg avalise le fait que dans chaque territoire de l’Empire, le prince est seul à décider du choix religieux de ses sujets.

 

Le traité de Westphalie en 1648:

Après trente années de guerre, le territoire germanique sort du conflit exsangue. Près des deux tiers de la population de l’Empire est ravagée par les combats et la famine. La future Allemagne est un champ de bataille où s’affrontent Saint Empire, Espagne, France et Suède. Ces deux dernières sortent bénéficiaires du conflit. L’Allemagne reste morcelée et les Habsbourg se replient sur leurs possessions héréditaires, tandis que la Prusse gagne en influence.

 

Les Hohenzollern :

Leur territoire à l’issue de la guerre de Trente Ans comprend trois pôles majeurs : Brandebourg, Poméranie orientale et duché de Prusse. Les Grands Electeurs font de leurs possessions un Etat puissant doté d’une administration centralisée, de ressources importantes et d’une armée développée. A partir de 1701, le terme de Royaume de Prusse sera utilisé pour l’ensemble de leur territoire. Frédéric II sera considéré comme l’archétype du despote éclairé.

 

Goethe et le classicisme de Weimar :

L’auteur de Faust représente avec Schiller et Herder le mythe allemand d’être un peuple de poêtes et de penseurs. Herder influence fortement le concept de nation tant en Allemagne qu’en Europe centrale. Goethe exprime un art de vivre tourné vers la concentration sur l’instant présent. « N’oublie pas de vivre » : nous recommandons la lecture de l’essai éponyme de Pierre Hadot (éd. Albin Michel)

 

Bismarck :

La puissance de la Prusse ne cesse de s’accroitre depuis le XVIIIème siècle. C’est autour d’elle que se bâtit l’unité allemande. Après les victoires contre l’Autriche et contre la France, c’est chose faite en 1871. Le nation devient la plus avancée en matière de protection sociale (assurance maladie, assurance retraite…). L’économie est alors la plus puissante d’Europe.

 

Le Diktat de Versailles :

Après la défaite de 1918, le territoire allemand est amputé d’un septième. Il abandonne ses colonies. Les industries de guerre sont démantelées, de fortes réparations financières sont imposées, la Ruhr est occupée. L’expérience démocratique de la République de Weimar finit dans le chaos (ressentiment, crise économique), entrainant  l’arrivée des nazis au pouvoir. L’image de l’Allemagne s’en trouve fortement affectée.

 

 

La chute du mur de Berlin :

Après une longue partition, entre influence occidentale et intégration dans le monde communiste, le symbole du mur érigé en 1961 an milieu de Berlin tombe le 9 novembre 1989. L’Allemagne est de nouveau réunifiée. 




Idée a creuser

L’hymne allemand :

Le Deutschlandlied est composé en 1841 par von Fallensleben sur une musique de Haydn. Le premier couplet « Deutschland über alles » n’est plus chanté, et même interdit de nos jours. Le contexte de l’époque exprimait le désir d’une union nationale mais les nazis lui ont donné une coloration de domination. L’hymne est désormais réduit à son couplet « Blühe Deutsches Vaterland !» : fleuris, patrie allemande !

 

Le drapeau allemand :

Les couleurs noir-rouge-or sont celles des étudiants de l’université d’Iéna qui, en 1813, avaient combattu Napoléon. Mis au gout du jour lors du Printemps de peuples en 1848, il est adopté en 1919, ré adopté en 1949 et enfin pour l’Allemagne réunifiée. Les couleurs noir-blanc-rouge (couleurs prussiennes et hanséatiques) ont été utilisées de 1866 à 1918 par la Confédération de l’Allemagne du Nord puis par l’Empire Allemand.

 

Contre l’intrusion :

L’Allemand sépare fortement sa vie privée et sa vie professionnelle. L’intrusion dans le privé n’est pas appréciée. Les espaces sont cloisonnés, l’ordre des choses, des meubles est parfaitement établi. L’open-space n’est apparemment pas leur tasse de thé.