Autriche en quelques mots

Autriche

Que de chemin entre les possessions de Charles-Quint en 1553 et l’Etat issu du Traité de Saint Germain à partir de 1919 ! L’Autriche a été tiraillée entre pangermanisme et panslavisme, entre Germanie et Danube ? Réduite à portion congrue par Wilson et Clemenceau, elle regagne de l’influence après 1955, par sa diplomatie, neutre puis au sein de l’Union Européenne, et par sa position centrale au sein d’une Europe élargie. Prospère, elle dispose d’un PIB par habitant parmi les plus élevé d’Europe. 

 

Les exemples ci-dessous illustrent les éléments que Valeur Europe peut vous fournir .




10 Points de repères Autriche France
Régime République fédérale République
Population 8,2 millions 60,2 millions
Langue allemand (germanique) français (romane)
Unité monétaire Euro Euro
Religion dominante Catholique Catholique
PIB par habitant 123 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 105 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 4,8% 9,4%
Taux de croissance 1,2% 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 85,9% 82,6%



Valeurs clés

Structures familiales historiques dominantes

Autriche : les structures historiquement dominantes sont presque uniformément de type souche (excepté dans le Burgenland à l’est du pays). Les frères sont inégaux devant l’héritage, et l’influence patriarcale s’exerce de manière autoritaire même après mariage des fils. Ces structures sont fréquentes dans le monde germanique mais tendent  à laisser place de nos jours à des familles nucléaires.

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Déchristianisation

Autriche : la déchristianisation est tardive, seulement notable à partir de 1965. La croyance en Dieu et la pratique religieuse sont de niveau élevé, surtout dans l’ouest tyrolien.

France : la « fille ainée de l’Eglise » n’est plus ce qu’elle était. La France, à commencer par le bassin parisien, est très précocement déchristianisé. Croyance en Dieu et pratique religieuse sont parmi les plus faibles en Europe

 

Autorité et hiérarchie

Autriche : les rapports sont fortement teintés de hiérarchie stricte et directive. Le chef, censé disposer d’une expertise dans son domaine donne des ordres qui sont exécutés. Chacun a sa place et ses objectifs, sans empiéter sur ceux du voisin. G.Hofstede classe cependant l’Autriche parmi les pays dans lesquels la distance hiérarchique est très faible ! Si nous considérons la question précise qui a permis au chercheur de déterminer ce paramètre, il s’avère en fait que les autrichiens ne sont pas terrorisés à l’idée d’exprimer un désaccord envers leur chef. Ceci ne met pas en cause la hiérarchie stricte, mais indique qu’elle est bien vécue.

France : le statut et le pouvoir sont bien inscrits dans les relations humaines. Au delà de l’aspect purement hiérarchique, force est donnée au respect et à l’honneur de chacun dans son métier, dans sa corporation (corps de métier, Grandes Ecoles). Le français attache plus d’importance à l’égalité avec ses pairs qu’avec ses chefs et ses subordonnés. 




Faits et personnage historiques

Rodolphe de Habsbourg :

La couronne du Saint Empire Romain Germanique échoit en 1273 au Comte Rodolphe. A cette époque, le choix des Electeurs, se porte sur un candidat « ni trop riche, ni trop puissant ». C’est pourtant bien le point de départ de la richesse et de la puissance de la famille ! En 1278, le patrimoine familial prend forme, grâce à la récupération des territoires germaniques de la couronne de Bohème.

 

Maximilien :

Fils de Frédéric III de Habsbourg et de Marie de Bourgogne. Les possessions s’étendent maintenant aux Pays-Bas et à la Bourgogne. Maximilien bâtit les bases de l’Etat autrichien. Par le jeu des mariages, les Habsbourg deviennent maitres de la couronne de Bohème et de Hongrie, puis de terres espagnoles et italiennes. Lorsque son petit-fils Charles-Quint abdique en 1553, le domaine est partagé et la zone germanique revient à son frère Ferdinand.

 

La Contre-réforme :

Les Habsbourg, tant en Espagne qu’en Autriche, sont les fers de lance de la politique de l’Eglise Catholique. Ils restaurent l’autorité de Rome dans leurs domaines. Le protestantisme tchèque par exemple est anéanti en 1620.

 

Le Traité de Westphalie :

En 1648 après la guerre de Trente Ans, l’Empire devient une fiction. Les Habsbourg n’ont plus d’influence que dans leurs Etats héréditaires sur lesquels ils se replient. Ils préfèrent désormais concentrer leur énergie vers la construction d’un Etat danubien.

 

Austerlitz :

C’est après cette bataille en 1805 que l’Autriche doit demander la paix à Napoléon. Elle perd ses possessions italiennes. La création de la Confédération du Rhin sonne le glas du Saint Empire qui devient une coquille vide. Le terme d’Empire sera désormais associé à l’Autriche puis ultérieurement à l’Autriche-Hongrie (en fait double monarchie : Empire d’Autriche et Royaume de Hongrie, dont François-Joseph portera les deux couronnes)

 

Metternich :

Il préside le Congrès de Vienne à partir de 1814. Allié aux représentants français et anglais, il obtient un équilibre certain entre les puissances européennes. Equilibre qui garantie à l’Europe près d’un demi-siècle de paix. Pourtant lors du « printemps de peuples » en 1848, le système Metternich est mis à mal et les revendications libérales et nationales viennent au devant de la scène.

 

Sadowa :

Le conflit austro-prussien est très court et dure moins de deux mois. La victoire des troupes du Nord à Sadowa en 1866 marque l’arrêt de l’influence autrichienne en terres germaniques et au contraire renforce la Prusse. Conséquence collatérale, l’Empereur François-Joseph doit céder du terrain aux revendications hongroises, et composer par un compromis laissant aux Magyars une prédominance sur une bonne moitié de son domaine.

 

Traité de Saint Germain :

Ce traité en 1919 consacre le démembrement de l’Empire. Les vœux de Wilson favorisant l’expression des causes des nationalités ont été exaucés. Clemenceau a longtemps été tenu comme coresponsable de cette dislocation, mais il aura été plutôt partisan du maintien d’un équilibre en Europe Centrale. Reste que l’Autriche est réduite à peau de chagrin, dans ses contours actuels.

 

L’Anschluss :

L’Autriche étant amputée de ses terres danubiennes, beaucoup voient d’un bon œil un pangermanisme liant son destin à l’Allemagne. Lorsqu’Hitler annexe l’Autriche en 1938, seul le Mexique manifeste sa désapprobation !

 

Le Traité de Vienne :

Après dix ans de partition entre les alliés vainqueurs de la seconde Guerre Mondiale, ce traité signé le 15 mai 1955 rend une souveraineté intégrale à l’Etat autrichien. Sous réserve de neutralité qui cessera de fait quarante ans plus tard lors de l’adhésion de l’Autriche à l’Union Européenne. 




Idée a creuser

Mozart :

Le célèbre compositeur né à Salzbourg est un musicien prodigue et prolifique, son champ de productions (plus de 600 référencées) touchant à toutes les formes musicales. Son style est très personnel et le son immédiatement identifiable. Son influence sur l’ histoire de la musique n’est plus à démontrer.

 

La Sécession :

A l’aube du XXème siècle, Vienne est un grand centre d’effervescence culturelle et intellectuelle. Cette période dite de Sécession Viennoise apporte un renouvellement en matière artistique : les peintres Klimt, Schiele, Kokoschka, mais également des architectes. Le musée du Belvédère à Vienne porte le meilleur témoignage de cette époque.

 

La bureaucratie :

Fortement développée en Autriche, elle prend racine lors du rétablissement de l’ordre par Metternich. Elle se traduit par une administration omniprésente et efficace, quoique tempérée par l’existence de pouvoirs locaux décentralisés.

 

Die Gemütlichkeit :

Tranquillité, confort et bien-être. Voila un traditionnel stéréotype de l’atmosphère amicale et décontractée en Autriche. Ein Prosit !