Hongrie en quelques mots

Hongrie

La Hongrie occupe une grande partie de la plaine du Danube appelée Pannonie. Les Hongrois ne sont pas d’origine slave mais finno-ougrienne (comme les Finlandais). Ils ont marqué l’Histoire de l’Europe Centrale. Malgré des périodes d’invasion et de domination étrangère, les hongrois ont su conserver leur langue, leur culture, leur musique. Les héros nationaux sont ceux qui ont permis de conserver cette originalité, parfois aux dépends de leur vie. La succession des événements du XXème siècle ont conduit le pays de la domination des Habsbourg, au dépeçage du Traité de Trianon, à la tutelle soviétique, puis enfin à un nouvel essor au sein de l’Union Européenne. 




10 Points de repères Hongrie France
Régime Démocratie parlementaire République
Population 10 millions 60,2 millions
Langue Hongrois (finno-ougourien) français (romane)
Unité monétaire Forint Euro
Religion dominante Protestant et catholique Catholique
PIB par habitant 62 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 70 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 7,5 % 9,4%
Taux de croissance - 1 % 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 83,4 % 82,6%



Valeurs clés

Structures familiales historiques dominantes

Hongrie : les structures historiquement dominantes, quoique non exclusives, sont communautaires. Autorité paternelle s’étendant au-delà du mariage des fils, ceux-ci demeurant égaux devant l’héritage. (Voir aussi paragraphe modernisme et postmodernisme)

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Rapport à incertitude

Hongrie :les Hongrois font partie des plus pessimistes d’Europe. Ils jugent à la fois leur situation actuelle (tant personnelle que collective) détestable et l’avenir probablement encore pire. Depuis 2010 cependant, la confiance dans le futur revient de manière très significative, y compris vis-à-vis des institutions politiques. (Eurobaromètre standard 2010)

France : le français n’aime pas le changement même lorsqu’il l’appelle de ses vœux. A la limite, l’autre peut faire l’effort mais soi-même ? Un gout exacerbé pour les avantages acquis.

 

Modernisme et post-modernisme

Hongrie :les Hongrois sont attachés aux valeurs traditionnelles. Parmi elles, la famille tient une place importante comme à la fois un mode de repli de l’individu et un lieu de construction de soi. Au sein de la famille, les tâches sont clairement définies, les hommes s’occupant très peu des obligations ménagères. Inversement, l’écart salarial entre homme et femme se situe à peu près au niveau de la France. L’image du père, autoritaire et tendre à la fois imprègne tant la vie privée que la vie politique et les grandes références historiques reconnues par les Hongrois.

France : le pays évolue franchement vers la modernité, la raison primant sur la tradition, et vers la postmodernité, manifeste par la libéralisation des mœurs et une tendance égalitaire vis-à-vis des minorités. 




Faits et personnage historiques

Arpad et les Magyars :

Les tribus magyares finno-ougriennes menées par leur chef Arpad, originaires de la région de l’Oural s’installent dans le plaine de Pannonie vers 895.

 

Etienne :

Ce descendant d’Arpad est couronné Roi de Hongrie en 1001 avec la double bénédiction du pape et de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique. Politiquement le royaume devient indépendant. Spirituellement il est ancré dans la chrétienté occidentale. Etienne sera canonisé en 1035.

 

Mathias Corvin :

Après le passage sur le trône hongrois des dynasties  Premysl, Anjou et Jagellon (d’origines tchèque, française et polono-lituanienne) pendant un siècle et demi, la Diète hongroise élit en 1458 Mathias Corvin comme roi. Un roi magyar. Il rénove l’administration et restructure son territoire. Il fait également pénétrer l’humanisme et l’art de la Renaissance en Hongrie.  L’imagerie populaire le représente comme un roi bon et juste qui se déguise pour se mêler au peuple.

 

La bataille de Mohacs :

C’est un royaume déclinant et isolé que les Ottomans de Soliman le Magnifique affronte et pulvérise  à Mohacs en 1526. Excepté une petite bande occidentale, la Hongrie est sous domination turque.A la fin de la même année, la Diète choisit Ferdinand de Habsbourg, frère de Charles Quint.

 

Les Turcs chassés de Buda :

En 1686, les forces catholiques unis dans une Sainte Alliance chassent les Ottomans et récupèrent Buda puis l’ensemble du territoire hongrois. Le traité austro-turc de Karlowitz en 1699 ancre néanmoins la Hongrie dans l’empire des Habsbourg.

 

Un pont sur le Danube :

Construit à partir de 1842, un pont suspendu permet de relier les deux parties de la capitale : Buda la grandeur du passé, et Pest le symbole de l’avenir. Il est appelé Pont des Chaines.

 

Kossuth et le Printemps des Peuples :

La révolution de 1848, d’abord libérale, se radicalise sous l’impulsion de Kossuth. L’Empereur doit à l’appui du Tsar l’écrasement du mouvement et la reprise en main du Royaume de Hongrie.

 

L’émancipation :

François-Joseph, fragilisé par sa défaite face aux Prussiens en 1866, accorde par un compromis une autonomie au royaume hongrois au sein de son empire. C’est la « double-monarchie ». Les Hongrois « magyarisent » leur territoire, alors que les nationalismes allogènes enflent.

 

Le Traité de Trianon :

Les puissances Centrales vaincues, l’Entente défend le principe des nationalités au détriment de l’Autriche et de la Hongrie qui se voit dépecée d’environ deux-tiers par ses quatre côtés. La Hongrie, définie ainsi en 1920 dans des limites que nous connaissons encore aujourd’hui, est  plus homogène mais plus du quart des Magyars vivent  hors de ces frontières.

 

Imre Nagy :

Un vent de révolte souffle sur Budapest en 1956. Imre Nagy, qui avait tenté de libéraliser un peu le régime en 1953 est propulsé à la tête de l’insurrection. Il met en place un nouveau système politique qui ne dure que 150 heures ! Le 4 novembre, l’Armée Rouge déferle sur la Hongrie, et les Russes installent János Kadar au pouvoir. Nagy est « jugé » et exécuté en 1958. Il recevra des obsèques nationales en 1989.

 

Vers l’Union Européenne :

Janos Kadar remet de l’ordre puis développe un système dans lequel se côtoient la puissance du Parti Communiste, et une libéralisation réelle de l’économie. La Hongrie sera prête en 1989, année où la République Populaire devient République. La Hongrie adhère à l’Union Européenne en 2004. 




Idée a creuser

 

Les minorités

Le sort des minorités hors de l’Etat est le véhicule des sentiments nationalistes après 1919. Au point d’accorder depuis 2010 des passeports hongrois à tous ceux, en Slovaquie et Roumanie en particulier, qui peuvent justifier d’origines magyares. La revanche de Trianon ?

 

Laszlo Biro

Ce Hongrois a inventé et déposé en 1938 le brevet d’un système d’écriture original : la pointe-bille. Son brevet sera racheté en 1959 par le baron Bich qui commercialise sous la marque Bic.

 

La Maison de la Terreur (Terror Haza)


Pendant une bonne partie du siècle dernier, le no 60 de l’avenue Andrassy était une adresse qui remplissait le cœur des Hongrois d’effroi. Elle a d’abord été le quartier général du régime des Croix-Fléchées pronazies en 1944, avant d’être reprise par la police secrète communiste jusqu’à a révolution de 1956. À présent, l’immeuble a été aménagé en un musée très stylisé, comprenant les caves – et même les instruments – dont on se servait pour torturer les prisonniers. Dans le bureau du maître des lieux, on croirait entendre chanter l’ignoble baron Scarpia  (Tosca – opéra de Puccini)