République Tchèque en quelques mots

République Tchèque

La République Tchèque est un pays encerclé de montagnes (Bohème) avec une région attenante de plaine ouverte (Moravie). Ces deux régions ont fait partie du saint Empire Romain Germanique et de l’Empire des Habsbourg autrichiens. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver un mélange de cultures slave et germanisée. Dotée d’une forte culture industrielle (septième puissance mondiale en 1938 !) et après être passée sous le joug communiste, la République Tchèque rejoint l’Union Européenne en 2004. 




10 Points de repères République Tchèque France
Régime Démocratie parlementaire République
Population 10,2 millions 60,2 millions
Langue Tchèque français (romane)
Unité monétaire Couronne Euro
Religion dominante Protestant et Catholique Catholique
PIB par habitant 80 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 72 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 7,1 % 9,4%
Taux de croissance 1 % 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 91,2 % 82,6%



Valeurs clés

Structures familiales historiques dominantes

République Tchèque : les structures historiquement dominantes sont presque uniformément de type souche. Les frères sont inégaux devant l’héritage, et l’influence patriarcale s’exerce de manière autoritaire même après mariage des fils. Ces structures sont fréquentes dans le monde germanique dans laquelle Bohème et Moravie s’insèrent, mais tendent  à laisser place de nos jours à des familles nucléaires.

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Déchristianisation

République Tchèque : elle remporte haut la main les palmes d’or européennesde déchristianisation et de sécularisation. Est-ce un  symptôme d’une aversion ancestrale contre l’Eglise catholique dominante à Vienne et chez les Habsbourg ? Et/ou une conséquence de la défenestration de Prague en 1618 (voir  faits et personnages historiques) ?

France : la « fille ainée de l’Eglise » n’est plus ce qu’elle était. La France, à commencer par le bassin parisien, est très précocement déchristianisé. Croyance en Dieu et pratique religieuse sont parmi les plus faibles en Europe.

 

Rapport à incertitude

République Tchèque : les Tchèques sont méfiants par nature et apprécient peu ce qui risque de déstabiliser une situation. Ils sont fondamentalement pragmatiques et préfèrent des solutions concrètes et précises à des démonstrations intellectuelles oiseuses et des présentations trop théoriques.

France : le français n’aime pas le changement même lorsqu’il l’appelle de ses vœux. A la limite, l’autre peut faire l’effort mais soi-même ? Un gout exacerbé pour les avantages acquis. 




Faits et personnage historiques

Les Prémyslides :

Cette dynastie va marquer le territoire jusqu’en 1306. Un des Rois de Bohème, Venceslas, en sera le saint-patron et donnera son nom à la grande avenue centrale de Prague. Le royaume fait partie du Saint Empire Romain Germanique dès la création de celui-ci.

 

Charles IV :

Une famille venue de France prend les rênes en Bohème : Jean puis surtout son fils Charles, sur le trône en 1346. Ce règne marque l’apogée du royaume. Prague rayonne en Europe. Le célèbre pont de Prague enjambant la Moldau porte le nom de Charles.

 

Jean Hus :

Le prédicateur qui préconisait égalité et liberté de croyance, confiscation des biens de l’Eglise, est excommunié puis brûlé vif en 1415. La situation est tendue : les hussites « défenestrent » les notables catholiques à Prague en 1419. Suivent des périodes aux rois variés : hussites, polonais, hongrois…jusqu’à Ferdinand de Habsbourg en 1526.

 

La Montagne Blanche :

La tension est extrême entre réformés et catholiques. Trois de ces derniers sont à leur tour défenestrés à Prague en 1618. La guerre de Trente Ans peut être enclenchée. Les insurgés réformés sont battus par l’armée des catholiques à la Montagne Blanche en 1620. C’est la fin de la Tchéquie hussite. La noblesse disparait (remplacée tout de même par une noblesse allemande, la nature n’aimant pas le vide !) et laisse place à une culture bourgeoise et urbaine.

 

Comenius :

Il est porteur d’une des revendications de la Réforme hussite : l’éducation de la jeunesse dans son ensemble, filles comprises. Contraint à l’exil au début de la guerre de Trente Ans, il sillonne l’Europe. Un des programmes d’enseignement supporté par l’Union Européenne porte son nom.

 

Frantisek Palacky :

Il publie une Histoire de la Nation Tchèque entre 1836 et 1867. Il fournit à son peuple les éléments d’un passé glorieux, et la distinction qu’ils ont par rapport aux Allemands. Il est également un acteur majeur du Printemps des Peuples version pragoise. Le projet d’un Empire tricéphale qu’il appelait de ses vœux avortera : la Bohème-Moravie ne jouira pas d’un statut analogue à la Hongrie.

 

Tomas Masaryk :

L’indépendance de l’Etat Tchécoslovaque est proclamée le 28 octobre 1918 sur la place Venceslas. Tomas Masaryk en est l’un des principaux artisans avec Edvard Benes et le slovaque Stefanik, après un formidable lobbying auprès des Alliés. Masaryk est le premier Président de l’Etat, de 1918 à 1935.

 

Munich, 29 septembre 1938 :

Un litige oppose Hitler et Benes, successeur de Masaryk à la tête de l’Etat : qui doit contrôler les territoires de Bohème peuplés majoritairement d’Allemands ? A Munich, Chamberlain et Daladier préfèrent sauver la paix et laissent Hitler envahir la région des Sudètes puis l’ensemble de la Tchéquie qui devient protectorat de Bohème-Moravie. L’Etat slovaque pour sa part devient indépendant. Les deux Etats seront à nouveau réunis après la guerre.

 

Le Printemps de Prague :

Alexandre Dubcek veut faire évoluer son pays vers un socialisme à visage humain. La réaction russe est intense en août 1968, et entraîne une « normalisation » rapide sous l’égide de Gustav Husak. Pour protester contre ce retour aux normes soviétiques, l’étudiant Jan Palach s’immole sur la place Venceslas en janvier 1969.

 

Vaclav Havel :

Cofondateur du groupe de dissidents Charte 77, cet écrivain-philosophe passe de nombreuses années en prison. Il incarne la « révolution de velours » qui renverse le pouvoir communiste dans le pays. Il sera élu en 1989 Président de la République Tchécoslovaque puis en 1993  de la République Tchèque. Cependant le pouvoir est aux mains du chef du gouvernement, le libéral Vaclav Klaus.

« La vraie politique, la seule digne de ce nom, et d’ailleurs que je consens à pratiquer, est la politique au service du prochain. Au service de la communauté. » (Méditations d’été) 




Idée a creuser

La bière :

Palme d’or mondiale cette fois : le République Tchèque se classe premier pays au monde pour la consommation de bière. La moyenne est de 162 litres par an et par personne.

 

Le soldat Chveik :

Personnage ingénu, naïf mais honnête, ses aventures sont publiées à partir de 1912. Humour, satire et dérision sont au rendez-vous des récits. Il incarne en particulier la débrouillardise et l’art de survivre dans des conditions difficiles et incertaines (voir en complément le paragraphe « rapport à l’incertitude »)

 

Bedrich Smetana :

Trois de ses opéras illustrent l’Histoire des pays tchèques. Dalibor : la cause du peuple contre l’autorité royale. Les Brandebourgeois de Bohème : la misère s’abat sur la Bohème, asservie, pillée et « protégée » par les troupes du margrave de Brandebourg.Libuse : princesse  qui pour prendre époux laisse choisir son cheval blanc qui la conduit jusqu’au laboureur Premysl (voir faits et personnages historiques). Ce ne sont pas les œuvres les plus jouées du compositeur, dont on connait surtout l’opéra La fiancée vendue et le poème symphonique Ma Vlast  (dont le mouvement La Moldau)

 Le mythe de Libuse a été évoqué dès le XIIème siècle par le chroniqueur Cosmas. Il décrit aussi l’épopée du chef slave nommé Cech, dont Libuse est supposée descendre, qui installe son peuple en Bohème, bien entendu avant les Germains !