Slovaquie en quelques mots

Slovaquie

La République Slovaque est de création récente, par séparation d’avec la république Tchèque en 1993, et un bref intermède pendant la Seconde Guerre Mondiale. Soumise dès le Xème siècle à des pouvoirs étrangers, elle a fait partie du Royaume Hongrois, et même sous l’ère des Habsbourg, l’influence et la domination hongroise sera la plus forte. Le pays a eu des difficultés à créer une identité dénuée de nationalisme chronique, mais semble trouver sa voie depuis 1998, et avec une entrée dans l’Union Européenne en 2004. 




10 Points de repères Slovaquie France
Régime Démocratie parlementaire République
Population 5,4 millions 60,2 millions
Langue Slovaque (slave) français (romane)
Unité monétaire Couronne Euro
Religion dominante Protestante et catholique Catholique
PIB par habitant 71 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 70 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 13,4 % 9,4%
Taux de croissance 2 % 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 91,8 % 82,6%



Valeurs clés

Structures familiales historiques dominantes

Slovaquie : la structure la plus implantée est autoritaire-égalitaire, à savoir une égalité entres frères lors d’héritage, et une influence patriarcale sur les fils même après mariage. Ces structures communautaires sont fréquentes en terres slaves.

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Déchristianisation

Slovaquie : le pays est peu sécularisé, et le sentiment d’appartenance à l’Eglise catholiques est élevé, surtout à l’est du territoire. L’Eglise a par ailleurs joué un rôle important pour l’expression du nationalisme slovaque en particulier vis à vis de la suprématie  tchèque.

France : la « fille ainée de l’Eglise » n’est plus ce qu’elle était. La France, à commencer par le bassin parisien, est très précocement déchristianisé. Croyance en Dieu et pratique religieuse sont parmi les plus faibles en Europe.

 

Autorité et hiérarchie

Slovaquie : la distance hiérarchique est très élevée. Les décisions descendent de haut en bas. La prise en compte des avis de personnes de niveau inférieur n’est pas encore de mise, même si les valeurs évoluent avec les générations et l’habitude de travailler avec d’autres cultures plus participatives. Les processus de décisions sont parfois longs.

France : le statut et le pouvoir sont bien inscrits dans les relations humaines. Au delà de l’aspect purement hiérarchique, force est donnée au respect et à l’honneur de chacun dans son métier, dans sa corporation (corps de métier, Grandes Ecoles). Le français attache plus d’importance à l’égalité avec ses pairs qu’avec ses chefs et ses subordonnés. 




Faits et personnage historiques

Cyrille et Méthode :

Bien connus pour la création de l’alphabet cyrillique au IXème siècle, ils jouissent d’une grande popularité alors qu’ils ne sont ni slaves, ni catholiques, et que l’alphabet utilisé en Slovaquie est latin. Mais ils symbolisent un christianisme anti-francs qui leur donne une place de choix dans l’univers slovaque.

 

Ludovit Stur :

Ludovít Stur est connu pour avoir codifié la langue slovaque. Il propage le concept de nation inspiré par le philosophe allemand Herder (une définition de la nation fondée sur le sol et la langue commune). Vers la fin de sa vie en 1856, il défend un messianisme slovaco-slave pro-russe, et une union des slaves sous la bannière tsariste. C’est le mythe du « grand frère russe ».

 

Le compromis austro-hongrois :

Lorsque l’Empereur François Joseph crée  en 1867 un empire bicéphale, les territoires slovaques sont sous dépendance de la couronne hongroise. La Slovaquie est soumise à l’oppression et à la magyarisation.

 

Le Traité de Trianon :

C’est à l’occasion de ce Traité signé en 1920 que les frontières de la Slovaquie sont fixées pour la première fois de manière officielle. Elles reposent non pas sur des critères historiques mais ethniques, économiques et stratégiques. La Ruthénie reviendra à l’Ukraine ultérieurement.

 

Milan Stefanik :

Milan Rastislav Stefanik a probablement été la personnalité la plus importante dans l’histoire slovaque, car il a grandement contribué à la création de la République tchécoslovaque en 1919. Il entre dans le panthéon slovaque moderne, du fait de sa vie romantique, de sa mort accidentelle  (parfois attribuée aux Tchèques !), mais aussi parce qu’il était haï par les communistes.

 

L’indépendance :

Lorsqu’Hitler envahit les Sudètes en 1938, la Bohème-Moravie passe sous protectorat allemand et la Diète de Bratislava proclame l’indépendance de la Slovaquie, sous protection du Reich. L’Etat est soumis au régime clérico-fascisant de Monseigneur Tiso.

 

Alexander Dubcek :

Alexander Dubcek est l’homme politique slovaque le plus important de la période du printemps de Prague et il est devenu le symbole du mouvement de renouveau en 1968. Il prône un  socialisme à visage humain mais sera balayé par la réaction russe. Son rôle en 1989 est modeste mais il prend le poste de président du Parlement. Il meurt en 1992 dans un accident de voiture.

 

Le Printemps de Prague :

A l’issue de la « normalisation » soviétique en aout 1968, la pseudo-fédération mise en place donne plus d’autonomie aux Slovaques. L’Etat est binational et bilingue. Simple os à ronger, le pouvoir réel étant détenu par le parti communiste.

 

L’indépendance (bis) :

Herder est de retour. Sans concertation populaire, Tchéquie et Slovaquie se détachent en 1993. Le modèle de l’Etat créé est homogène ethniquement (aux Hongrois et aux Roms près) linguistiquement et culturellement. Jusqu’en 1998, la tendance est au nationalisme effréné sous la houlette de Vladimir Meciar.

 

L’Union Européenne :

La Slovaquie sort de son isolement en Europe et rejoint l’Union en 2004. La même année, elle intègre l’OTAN, cinq ans après la République Tchèque. 




Idée a creuser

Presbourg :

En 1536, le Parlement du Royaume de Hongrie fait de Presbourg sa capitale. Cette ville, connue de nos jours sous le nom de Bratislava et actuelle capitale de la Slovaquie et idéalement située sur les rives du Danube, devient une des plus importantes cités d’Europe.

 

Le brigand-rebelle Janosik :

Juraj Janosik est le type même du rebelle, soldat de l’armée insurrectionnelle contre l’Empire puis chef d’une bande de brigands. Ennemi du féodalisme, il volait les riches pour donner aux pauvres. Un Robin des Bois slave. Arrêté, il sera pendu en 1713.

 

Andy et Adriana:

Bien que né aux Etats Unis, Andrew Warhola, connu sous le nom d’Andy Warhol, est d’origine slovaque. Ses parents ont émigré en 1913. Sa carrière explose en 1962, lorsqu’il  présente ses premières boites de soupe Campbell, les bouteilles de Coca Cola, les portraits de Marilyn Monroe ou de Liz Taylor qui vont faire sa notoriété. Mais la Slovaque la plus célèbre en France reste Adriana Karembeu, nommée "ambassadrice slovaque dans le monde" par les autorités slovaques en 2004 !