Slovénie en quelques mots

Slovénie

Souvent louée pour son niveau de développement le plus avancé d’Europe centrale et orientale, la Slovénie a décidé elle-même par référendum de son autonomie. Le pays est en plein bouleversement comme en témoignent les valeurs sociologiques qui semblent parfois contradictoires et qui évoluent rapidement tout en conservant les piliers que sont l’égalité et la responsabilité. Confiants dans l’avenir et tolérants, les slovènes sont entrés de plein pied dans la postmodernité.

Pays slave et alpestre, la Slovénie a fait partie des territoires des Habsbourg et était incluse dans le Saint Empire Romain Germanique. Les influences externes sont donc à rechercher dans la sphère germanique, et sans réelle influence ottomane.

 

 Les exemples ci-dessous illustrent les éléments que Valeur Europe peut vous fournir.




10 Points de repères Slovénie France
Régime Démocratie parlementaire République
Population 1,9 millions 60,2 millions
Langue Slovène (slave) français (romane)
Unité monétaire Euro Euro
Religion dominante Catholique Catholique
PIB par habitant 90 (UE = 100) 107 (UE = 100)
Niveau de prix a la consomation 83 (UE = 100) 111 (UE = 100)
Taux de chômage 6 % 9,4%
Taux de croissance 1 % 1,3%
Taux de jeunes en enseignement secondaire supérieur 90,5 % 82,6%



Valeurs clés

 

 

Structures familiales historiques dominantes

 

Slovénie : la structure la plus implantée est autoritaire-égalitaire, à savoir une égalité entres frères lors d’héritage, et une influence patriarcale sur les fils même après mariage. Ces structures communautaires sont fréquentes en terres slaves. Les filles ont très longtemps été laissées pour compte dans tous les pays européens, mais en Slovénie, la femme slave garde des prérogatives fortes, y compris en matière d’héritage bien que ce phénomène ait été atténué par l’influence chrétienne.

France : les structures sont variées sur l’ensemble du territoire mais historiquement celle nucléaire-égalitaire du bassin parisien a pris l’ascendant sur les autres, par son influence politique forte après la Révolution.

 

Déchristianisation

 

Slovénie : majoritairement catholiques, les slovènes font partie des européens assez peu croyants et assez peu pratiquants. La sécularisation est importante dans ce pays où la liberté de culte est constitutionnelle.

France : la « fille ainée de l’Eglise » n’est plus ce qu’elle était. La France, à commencer par le bassin parisien, est très précocement déchristianisé. Croyance en Dieu et pratique religieuse sont parmi les plus faibles en Europe.

 

Attachement à la liberté et à l’égalité

 

Slovénie : l’attachement à l’égalité est plus développé qu’à la liberté en Slovénie. Le sentiment que personne ne doit être laissé pour compte, méprisé ou dominé prédomine. A relier à la notion de familles égalitaires autoritaires.

France : en sens opposé : un peu plus libres qu’égaux. Peut être un tiers de liberté, un d’égalité et un de fraternité ? On retrouve cependant pour les deux paramètres un équilibre sans doute lié aux structures familiales dominantes nucléaire-égalitaire.

 

 

 




Faits et personnage historiques

La Carantanie :

en 658, les slaves de l’ouest implantés en Carinthie instaurent une principauté indépendante. Les princes sont élus, la langue utilisée est le slovène. Les principes de cet état fugace ont inspiré Jefferson et les auteurs de la constitution américaine. A cheval sur deux états de nos jours, elle est pomme de discorde potentielle, surtout chez les nationalistes.

 

Bavarois et francs :

les slaves ne tardent pas à demander la protection des Bavarois et, avec ceux-ci, sont englobés à la fin du VIIIème siècle dans l’empire franc, puis dans le saint Empire Romain Germanique.

 

Les Habsbourg :

ils prennent le contrôle de la Carantanie vers la fin du XIIIème siècle. Leur souveraineté sur le territoire des slovènes ne prendra fin qu’avec la première guerre mondiale. Les élites aristocratiques ou bourgeoises germaniques ne joueront qu’un rôle mineur sur les valeurs slaves du pays, restant à part des populations locales.

 

Les Comtes de Celje :

ils jouissent d’un leadership sur la Carantanie, s’opposant à la domination habsbourgeoise jusqu’en 1456 quand leur dynastie s’éteint. Leur influence n’est pas longue meis leurs armes en trois étoiles restent présents sur le drapeau national slovène.

 

Primoz Turbar :

il est proche des idées luthériennes. Il s’adresse en slovène afin d’étendre le message biblique (1550) comme le préconisait son maitre Luther. Auteur du premier livre en langue slovène, les premiers écrits en cette langue datant du Xème siècle (feuillets de Freising).. La Réforme sera combattue avec brutalité par les Habsbourg, faisant du catholicisme forcé la religion dominante. L’esprit du protestantisme restera néanmoins fort dans les valeurs slovènes.

 

Les Provinces Illyriennes :

en 1809 (jusqu’en 1813) Napoléon fonde ce territoire placé sous l’autorité d’un gouverneur général et directement rattaché à l’empire français. Ljubljana en est la capitale. C’est le moment de la mise en place du code Napoléon, du développement des lycées et de l’enseignement en langue slovène. C’est aussi un moment de dépendance et de souveraineté plus bienveillante et moins autoritaire que la présence autrichienne.

 

France Preseren :

le personnage N°1 en Slovénie. Une partie de son œuvre poétique a été reprise pour composer l’hymne national. « Un toast » a été composé en 1844. Preseren a donné ses lettres de noblesse à la langue slovène.

 

La fin de l’empire des Habsbourg :

le conseil national des slovènes, croates et serbes déclare sous l’égide de son président Anton Korosec la création d’un nouvel état le 29 octobre 1918. Il deviendra Royaume Yougoslave puis Fédération Yougoslave après la deuxième guerre mondiale.

 

L’indépendance:

proclamée le 25 juin 1991 (qui deviendra le jour de la fête nationale), cette indépendance fait suite à un plébiscite dont le résultat ne laisse planer aucun doute sur la volonté des slovènes. Après quelques affrontements avec l’armée fédérale, la République slovène est reconnue par ses voisins.

 

Le 1er janvier 2007 :

le passage à l’euro est un moment fort de l’histoire slovène. Pour la population, c’est une consécration, une marque de positionnement à égal avec les puissants voisins. C’est aussi un signe distinctif fort par rapport aux autres états de l’ex-Yougoslavie. Ce passage fait suite à l’adhésion à l’UE, le 1er janvier 2004.

 

 

 

 

 




Idée a creuser

 

Le collectif :

Le mythe fondateur en Slovénie est la communauté du village. L’organisation sociale privilégiée est coopérative et démocratique : le chef est choisi pour ses compétences et peut être remis en cause s’il faillit. Le réconfort de l’appartenance communautaire permet au slovène de développer sa curiosité et sa créativité.

 

Ce que le slovène n’aime pas :

Pour contrarier un slovène, quitte à le voir s’emmurer dans un mutisme complet, trois possibilités : le mépris, la soumission, l’exclusion. Mais dès lors que le respect est garanti, familiarité et décontraction peuvent prendre place.

 

La culture du savoir-faire :

Sans doute sous l’influence forte de la Réforme (voir Primoz Turbar), le « comment faire » prime sur le « qui fait quoi ». L’ambition du travail bien fait est le moteur de développement personnel et de reconnaissance, bien plus que le statut social.